Meuble à ouvrages, vers 1860

Collection du Musée du Jouet, Inv. MJ.88.40.16.1 à 28

Ce charmant petit meuble à ouvrages en bois marqueté de 44 cm de haut contient 7 plateaux coulissant dans lesquels sont rangés 28 planches de travaux de broderies fixés sur des fonds colorés. Des étiquettes descriptives cousues sur les fonds indiquent la nature des travaux d’aiguille réalisés : « Col et poignet », « Couvre-berceau », « taie d’oreiller », « Robe de soie verte », « tricot remaillé », « dentelle au crochet », « reprise sur serviette », « chemise d’homme », « broderie appliquée ».

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle un soin particulier est porté au raffinement esthétique des jouets. Ce très beau meuble devait appartenir à une petite fille pour qui la broderie et la couture était un loisir et non l’apprentissage d’un futur métier. À cette époque les jouets comme les poupées ou les cuisines miniatures préparaient la fillette à sa future vie de femme adulte. C’est le cas aussi pour ce meuble à ouvrages, les travaux d’aiguilles prenant une place importante dans la vie d’une femme.

Les poupées ont longtemps servi de modèles aux petites filles pour leur apprentissage des travaux d’aiguilles (couture, broderie, tricot). Les vêtements pouvaient être réalisés à la main ou plus tard sur de petites machines à coudre. Au XXe siècle le magazine La semaine de Suzette commercialise la poupée Bleuette pour servir de modèle aux patrons publiés. Avec les poupées Françoise, Marie-Françoise et enfin Emilie, le magazine Modes et travaux reprend cette tradition. Encore aujourd’hui, les poupées continuent de servir de modèles de tricot et couture, notamment des poupées Petitcollin pour les patrons de tricot Bergère de France et la publication de livres de patrons de vêtements pour la célèbre Barbie.